Hugues Peuchot, Skillup : « L’IA générative joue un rôle essentiel dans la GEPP (ex-GPEC) »
Salon Solutions RH 2025 : Hugues Peuchot, cofondateur de Skillup qui exploite une plateforme de gestion des talents, explique comment relier l’IA aux compétences et à l’évolution de la GEPP (ex-GPEC).

Le 19 mars 2025, Skillup, éditeur de solution pour la gestion des talents, a organisé sur le Salon Solutions RH à Paris un atelier intitulé « GEPP : comment sortir de l’éternel chantier ? » avec le retour d’expérience de Terre Blanche Resort.
En marge de la présentation, Hugues Peuchot, cofondateur de la plateforme de gestion des talents, a précisé la portée de l’IA appliquée à la GEPP - GPEC.
L’impact de l’IA sur le pilotage de la GEPP (ex-GPEC)
Depuis la création de la société en 2017, l’IA fait partie de l’ADN de Skillup, avec des data scientists intégrés à l’équipe dès le démarrage.
Pour la fonction RH, il est essentiel de distinguer deux composantes majeures de l’IA : l’IA générative et l’IA prédictive. Nous développons ces deux aspects à travers les quatre modules de notre suite de gestion des talents : « Entretiens », « Formation », « People Review » et « GEPP ».
- L’IA générative joue un rôle essentiel dans la GEPP pour la création d’un référentiel des compétences et le maintien de l’employabilité.
- Lors d’un atelier organisé le 19/03/2025 au Salon Solutions RH, nous avons présenté le cas d’usage de Terre Blanche Resort. Laetitia Cabrol, responsable formation et développement RH du complexe de luxe, a expliqué comment il était possible de générer automatiquement des fiches de poste. Par exemple, la création d’une fiche de poste pour un directeur de spa via Skillup n’a pris que 30 secondes, contre deux heures auparavant. L’exercice est contextualisé en prenant en compte l’activité de l’organisation.
- Notre plateforme repose sur un référentiel personnalisé de compétences établi pour le client. Si certaines compétences essentielles ne sont pas identifiées, la plateforme proposera automatiquement leur ajout au référentiel.
- L’IA prédictive facilite le rapprochement entre les intitulés de fonction d’un outil de gestion de paie et les fiches de postes disponibles sur notre plateforme Skillup.
- Autre exemple : d’ici la fin du premier trimestre 2025, nous intégrerons dans notre module « Entretiens » une fonctionnalité permettant de détecter les signaux faibles (risques de départ d’un collaborateur, problèmes de management, etc.) et de prioriser les sujets lors de la relecture automatique.
Le rôle de L’IA dans les capacités de projection de l’évolution des compétences d’une entreprise sur deux ans
Cette approche me semble peu crédible spécifiquement pour les besoins d’une entreprise. La DRH pourra en revanche assez facilement comprendre des tendances macro-économiques et sectorielles.
Pour un plan de recrutement ou de développement sur deux ans, il faudrait d’abord établir une roadmap précise avec une estimation en jours-hommes, ce que l’IA ne peut pas réaliser de manière autonome. Par exemple, il est impossible pour une IA de déterminer avec précision les futurs besoins en data scientists ou en techniciens spécialisés.
Toutefois, l’IA a un impact significatif sur la GEPP - GPEC en résolvant des problèmes ciblés, comme la génération de fiches de poste.
Elle permet également de simplifier la gestion des workflows et de réduire la complexité sémantique. Par exemple, pour le renouvellement du Caces tous les cinq ans au sein des entreprises, l’IA améliore la gestion des systèmes d’alerte en lien avec notre module « Formation ».
La perception des DRH vis-à-vis du potentiel de l’IA
Nous sommes toujours en phase d’acculturation, avec une crainte récurrente exprimée par l’ensemble des métiers : « Que va devenir mon emploi ? » ou « Que vont devenir les emplois des collaborateurs ? ».
Les DRH s’intéressent au sujet, mais leur approche de l’IA présente souvent un défaut de vision : les discussions portent davantage sur les moyens de développement que sur les finalités.
Néanmoins, il existe des opportunités intéressantes pour les DRH confrontés à une surcharge de travail administratif. L’IA peut leur apporter simplification et gain de temps. Et ils en ont bien conscience.
Les nouvelles fonctionnalités IA dans la suite de gestion des talents de Skillup
Actuellement, un projet sur trois menés en interne est lié à l’IA. Nous avons des roadmaps par module et par gestion des données, en connexion avec les organismes de formation, les logiciels de gestion de paie, les outils RH core, les LMS, etc.
Notre équipe dédiée à la data science et à l’IA (six personnes) reçoit les demandes des équipes produits, puis une roadmap spécifique à l’IA est établie pour le développement des nouvelles fonctionnalités.
Sur un effectif de 70 collaborateurs, la moitié travaille sur des sujets liés à l’IA.
La portée de la vague des agents IA annoncée
L’idée d’un centre de requêtage unique permettant d’accéder à l’ensemble des contenus est très intéressant mais pose des problèmes. Le risque principal est un manque de profondeur des résultats en raison d’un volume de données insuffisant, ce qui pourrait aboutir à une expérience utilisateur décevante.
Pour le moment, je pense que le développement d’agents IA dans Skillup n’est pas opportun. La technologie évolue trop rapidement et nous manquons de recul.
Chez Skillup, nous préférons adopter une approche pragmatique avec des cas usages très précis, et intégrés dans les workflows de l’application, tout en restant en veille technologique pour de futurs développements.
Concepts clés et définitions : #GPEC ou Gestion Prévisionnelle de l’Emploi et des Compétences, #DRH ou directeur des ressources humaines